Biographie et débuts
Vitalic est le projet principal de Pascal Arbez (né en 1976, et non pas en 1973 comme indiquait sa fausse bio lui inventant un périple d'exilé de l'Ukraine vers l'Allemagne, à la chute du mur de Berlin, un instrument traditionnel en main, fidèlement accompagné de son chien Minirobot).
Pascal Arbez, originaire de Dijon, étudie l'Anglais, le Russe, et la musique classique (il joue alors du trombone). Il prend une claque monumentale en voyant un live des Daft Punk à 17/18ans. Ses premiers Ep sous format vynil paraissent dès 1996 et 1997, sous les pseudos Dima, Hustler Pornstar, Vital Ferox avec Al Ferox aka Alessandro F de Kobayashi Records, mais n'intéressent alors que des fans de l'underground. Il rencontre Michel Amato (The Hacker), au Rex, le temple techno de Laurent Garnier, et devient ami avec le co-fondateur du label français Goodlife basé à Grenoble. Amato suggère à Arbez d'envoyer ses nouveaux morceaux à DJ Hell à Munich, co-fondateur avec le marseillais David Caretta du label International Gigolo Records. Sous le pseudo Vitalic ( prénom russe une fois encore) paraît "Poney EP" de quatre titres sur le label de DJ Hell en 2001, qui avait également lancé Miss Kittin à la fin des années 90. Le titre de cet EP est lié à la maltraitance des poneys dans les fêtes foraines, vynil qui connaît un grand succès peu après sa parution : records de vente pour Gigolo Records. Avec le titre La Rock, Vitalic vient de créer un "anthem", c'est à dire un morceau qui retourne littéralement les clubbeurs sur la dance floor. La Rock est par la suite remixé par Sven Vath, figure sur de nombreuses compiles, et fait date sur la compile rock des Two Many Djs sur le label Soulwax.
Influences et Genres musicaux
Tout le monde presse Vitalic de sortir son album dans la foulée de ce succès, afin de ne pas faire retomber le buzz. Mais il prend son temps, réalise plusieurs commandes de remix et se consacre au live, d'abord avec The Hacker, puis en solo : son gros son saturé, son énergie rock, et sa mise en acid-tek disco-transe bien au-delà des gimmicks electro entendus jusqu'alors, impressionnent. En 2005 , sort "OK Cowboy", le premier album de Vitalic qui a repris ses droits sur l'édition de ses morceaux, et signe chez Different/Pias. Il prétend que tous les instruments dont il s'est servi dans l'album sont faux et sont produits d'un synthétiseur : ce qui l'intéresse c'est l'effet de doute. Cependant il prétend aussi que ce qu'il ne peut pas cacher c'est l'émotion dont est pénétrée toute sa musique. Les plages de synthé (à la Jean Michel Jarre) rêveuses et mélancoliques alternent avec de puissants riffs de machines, voix de synthèse souvent vocodées et mystérieuses (omni présentes dans l'electro discofunk dès les années 70). Les rythmes sont :
disco (à la Georgio Moroder, dont il remixe the chase, le célèbre thème de midnight express, ou Patrick Hernandez),
Electro, et techno, en particulier EBM et New Beat ou * detroit (notamment Drexciya),
big beat des années 90 (à la Chemical Brothers, Prodigy), voire trance goa mais via les moments les plus rocks de Juno Reactor),
rock sci-fi (Silver Apples),
electroclash (scène allemande du début des années 2000 : chicks on speed,...),
et bien sûr electronica IDM (Aphex Twin, Dopplereffekt),
sans oublier la musique traditionnelle, française ou d'europe de l'Est, telle que la fanfare, la Polka, ou le classique.
Tous ces morceaux, aussi bien virulents que paisibles, sont soutenus par des percussions sèches, vives, et entêtantes, et fascinent de nombreux fans. Ils brassent les genres, les époques, et n'hésitent pas à emprunter un air de déjà-vu ou de déjà-entendu tout en restant très personnels.
Résultat : Après dix ans de french touch d'une part et d'electronica d'autre part, les critiques saluent ou bien descendent l'arrivée du Cowboy : ses influences big beat et New Beat qui sont celles des trentrenaires electro, et dont ils n'ont que faire assis dans leur canapé. Les nappes de synthés qui démodées il y a quelques années encore les laissent là complètement hagards. Tandis que les aficionados de la première heure préfèrent le Poney EP au LP Cowboy, et ne comprennent pas bien à quoi peuvent servir les plages mélodiques à part à plomber une dancefloor. Entre ces deux extrêmes, l'album trouve son public grâce à ses mélodies un peu nostalgiques tout autant que son tempo résolument techno disco-trash et ses arrangements electro travaillés. Sa musique marque déjà l'histoire de l'electro techno tout comme celle de Daft Punk et Laurent Garnier auparavant, tandis que les clubbeurs continuent de suivre les live de Vitalic jusqu'au Cocoon club de Sven Vath à Francfort.
Evolution et label
2006 : Vitalic est occupé à sa tournée aux U.S.A, le New York Times le compare à Mylo et Isolée pour l'accessibilité récente de leur electro qui peut enfin toucher l'adolescent type ayant l'habitude d'écouter des guitares, et le trouve meilleur que les derniers Daft Punk.
Entre temps, et depuis 2002, Pascal Arbez soutient d'autres artistes via son propre label : Citizen Records.
